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Pourquoi Dieu permet-il la souffrance?

C’est la question qui fait le plus de mal, et celle qui mérite le moins une réponse rapide. Voici ce que la foi chrétienne dit — et ce qu’elle ne dit pas.

La question qui reste

Si vous êtes arrivé ici après un diagnostic, un deuil ou une nuit sans sommeil, sachez d’abord ceci : votre question n’est pas un manque de foi. Elle traverse la Bible d’un bout à l’autre. Un livre entier, celui de Job, ne parle que de ça. Un tiers des psaumes sont des plaintes. « Jusqu’à quand, Seigneur? » revient si souvent que c’en est presque une formule.

La foi chrétienne ne demande pas de faire semblant que tout va bien.

Ce que la Bible ne fait pas

Elle n’explique pas chaque souffrance. Quand les amis de Job tentent de justifier son malheur par des raisonnements bien ficelés, le livre les contredit : ils ont mal parlé (Job 42.7). Méfiez-vous de quiconque a une explication rapide pour votre douleur.

Elle ne dit pas non plus que la souffrance est bonne, ni qu’elle est méritée, ni qu’il faut « rester positif ». Devant la tombe de son ami Lazare, alors qu’il sait qu’il va le relever quelques minutes plus tard, Jésus pleure (Jean 11.35). Il ne fait pas la leçon. Il pleure.

Ce qu’elle affirme quand même

Que Dieu n’est pas l’auteur du mal. La Bible fait remonter la déchirure au péché — cette rupture entre l’humanité et Dieu qui a fait entrer la mort dans un monde qui n’était pas fait pour elle (Romains 5.12). Cela ne veut pas dire que votre épreuve serait une punition de quelque chose : Jésus a explicitement rejeté ce raccourci (Jean 9.1-3).

Et que rien de tout cela n’échappe à Dieu. Il ne subit pas l’histoire; il la conduit vers une fin qu’il a promise. Comment il tient ensemble sa souveraineté et notre liberté, la Bible ne l’explique pas — et les chrétiens qui prétendent le contraire en disent plus qu’ils ne savent.

Que Dieu n’a pas regardé cette déchirure de loin. C’est l’affirmation la plus singulière du christianisme, et elle sépare radicalement Jésus de toutes les figures qui promettent la sérénité en s’élevant au-dessus de la douleur : Dieu y est entré. Trahi, torturé, exécuté. Sur la croix, Jésus crie lui-même « Pourquoi m’as-tu abandonné? » (Marc 15.34) — la question que vous vous posez peut-être, dans la bouche de Dieu.

Que la mort n’aura pas le dernier mot. Les chrétiens attendent un monde où Dieu essuiera toute larme (Apocalypse 21.4). Non pas parce que les larmes n’auront pas compté, mais parce qu’elles seront enfin essuyées.

Ce que ça ne règle pas

Cela ne dit toujours pas pourquoi votre épreuve, à vous, maintenant. Je ne vais pas prétendre le contraire. La foi chrétienne offre une présence dans la souffrance, pas une équation qui la résout.

Ce qui peut aider aujourd’hui

  • Parlez à Dieu franchement, colère comprise. Les psaumes vous donnent les mots quand vous n’en avez plus.
  • Ne restez pas seul. La douleur portée à plusieurs reste douleur, mais elle cesse d’être isolement.
  • Cherchez de l’aide professionnelle quand c’est nécessaire. La prière et la médecine ne sont pas rivales.
  • Un pas suffit. Il n’a pas besoin d’être grand.

Si vous traversez quelque chose de lourd en ce moment, vous pouvez nous écrire. Nous ne vous enverrons pas de dépliant. Quelqu’un vous lira et vous répondra.

Cette question vous habite encore?

Vous pouvez en parler avec quelqu’un, sans pression et sans engagement.

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