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Pourquoi Jésus a-t-il dû mourir?

Si Dieu voulait pardonner, pourquoi ne pas simplement pardonner? La réponse chrétienne tient en une phrase : c’est exactement ce qu’il a fait — et la croix est ce que cela lui a coûté.

Une question que les chrétiens escamotent souvent

On raconte volontiers que Jésus est mort par amour. C’est vrai, mais dit ainsi, cela n’explique rien. Pourquoi fallait-il qu’il meure? Si Dieu voulait pardonner, pourquoi ne pas simplement pardonner?

C’est la bonne objection, et elle mérite mieux qu’une formule.

D’abord, ce que le mot « péché » veut dire

Le mot évoque une liste d’interdits : mensonges, vols, mauvaises pensées. Ce n’est pas ce que la Bible entend d’abord.

Le péché y désigne quelque chose de plus profond : une posture. Nous sommes faits à l’image de Dieu — c’est ce que la foi chrétienne dit de plus élevé sur l’être humain, et cela vaut pour absolument tout le monde. Mais cette image est abîmée. Il y a en nous une résistance active à Dieu : le désir de mener notre vie sans lui, d’être notre propre référence.

Cela ne concerne pas seulement nos actes. La Bible dit que cette séparation nous précède : nous y naissons autant que nous y consentons (Romains 3.23; Éphésiens 2.1-3).

C’est une chose désagréable à lire. Je ne connais pas de façon honnête de l’adoucir.

Pourquoi le pardon coûte toujours à quelqu’un

Voici le point que l’objection manque.

Imaginez qu’on détruise votre voiture. Il y a exactement deux issues : soit l’autre paie, soit vous absorbez la perte. Il n’existe pas de troisième voie où le dommage s’évapore. Le pardon ne supprime jamais la dette — il décide seulement qui la porte.

C’est vrai des petites choses et plus encore des grandes. Quand quelqu’un vous trahit et que vous pardonnez, vous portez vous-même le poids de ce qui a été fait. Le pardon est toujours coûteux, et il est toujours coûteux pour celui qui pardonne.

Alors quand on demande « pourquoi Dieu ne pardonne-t-il pas simplement? », la réponse chrétienne est : c’est exactement ce qu’il a fait. Et la croix est ce que cela lui a coûté.

Ce que la Bible affirme au sujet de la croix

Elle ne dit pas seulement que Jésus est mort en solidarité avec les souffrants, même si c’est vrai. Elle dit qu’il est mort à notre place.

  • « L’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. » (Ésaïe 53.6)
  • « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions justice de Dieu en lui. » (2 Corinthiens 5.21)
  • « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu. » (1 Pierre 3.18)

C’est ce que les chrétiens appellent la substitution : Jésus prend la peine qui nous revenait. Non pas comme un tiers innocent qu’un Dieu en colère frapperait à notre place — c’est une caricature, et elle est fausse. La foi chrétienne affirme que Jésus est Dieu. Autrement dit : le juge est descendu du siège et a payé lui-même l’amende.

« Dieu prouve son amour envers nous en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5.8)

Ce qui est arrivé ensuite

L’histoire ne s’arrête pas au vendredi. Les premiers chrétiens ont affirmé, au risque de leur vie, que le tombeau était vide le troisième jour — non pas au sens d’un souvenir qui reste vivant, mais d’un corps qui s’est relevé (1 Corinthiens 15.3-8).

Puis ils ont dit qu’il est monté auprès du Père (Actes 1.9-11), et qu’il reviendra (1 Thessaloniciens 4.16; Apocalypse 1.7). Ce n’est pas un décor : cela signifie que l’histoire va quelque part, et que l’injustice ne restera pas sans réponse.

Ce que cela demande

Rien qui s’achète. C’est le point le plus difficile à croire pour la plupart des gens.

« C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est pas par les œuvres, afin que personne ne puisse se vanter. » (Éphésiens 2.8-9)

Aucune quantité d’efforts, de bonnes actions ou d’amélioration de soi ne compense quoi que ce soit. Non pas parce que les bonnes actions sont sans valeur, mais parce qu’elles ne sont pas la bonne monnaie. Une dette payée ne se repaie pas.

Ce qui est demandé tient en deux mouvements, et ils vont ensemble :

  • La confiance — s’en remettre à ce que Jésus a fait, plutôt qu’à son propre bilan.
  • Le retournement — que le Nouveau Testament appelle la repentance. Le mot n’a rien de sinistre : il veut dire changer de direction. Reconnaître honnêtement ce qui est cassé, et se tourner vers Dieu plutôt que de lui tourner le dos.

Ce n’est pas une performance à réussir avant d’être accepté. C’est ce à quoi ressemble le fait d’être accepté.

L’enjeu, dit honnêtement

La foi chrétienne affirme que nous ne cessons pas d’exister. Nous sommes faits pour durer, et deux issues seulement se présentent : une éternité séparés de Dieu, ou une éternité en union avec lui, reçue comme un don (Romains 6.23).

Je préférerais ne pas avoir à écrire cette phrase — elle est plus facile à passer sous silence. Mais un site qui vous cacherait l’enjeu par politesse ne vous respecterait pas.

Et si vous n’en êtes pas là

C’est parfaitement normal. Personne ne franchit tout cela en une lecture, et personne ne vous demandera où vous en êtes.

Si vous voulez avancer, beaucoup commencent par une prière très simple et très honnête : « Dieu, si tout cela est vrai, montre-le-moi. Je veux savoir. » C’est une prière que Dieu ne méprise pas.

Et si vous voulez en parler à quelqu’un, écrivez-nous. Une personne vous lira et vous répondra — sans dépliant, sans relance, sans que vous ayez à être d’accord.

Cette question vous habite encore?

Vous pouvez en parler avec quelqu’un, sans pression et sans engagement.

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